16 décembre 2015

Voyez comment les personnages de Star Wars démontrent les styles de leadership

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine, l’Empire galactique et l’Alliance rebelle de Star Wars étaient confrontés à des problèmes semblables à ceux auxquels les terriens font face aujourd’hui lorsqu’ils essaient de travailler en groupe. Comme dans toutes les civilisations, les dirigeants avaient le pouvoir d’assembler des armées et d’asservir le peuple. De fait, l’univers de Star Wars illustre parfaitement les différentes formes d’autorité et leurs forces respectives. En étudiant leur comportement, nous pouvons évaluer l’efficacité des dirigeants dans une situation donnée et appliquer les leçons apprises en milieu de travail.

Les archétypes de leadership

Le dirigeant autoritaire (Dark Vador)

Un chef autoritaire n’est pas nécessairement l’incarnation même du mal ; cependant, il n’est pas rare que ces dirigeants instaurent des cultures organisationnelles toxiques, un peu comme celle mise en place par Dark Vador sur l’Étoile de la mort. La façon de diriger des autocrates consiste à donner des ordres qui doivent être exécutés à leur discrétion, et non à établir un dialogue avec leurs employés. De plus, comme le montre si bien Dark Vador, l’insubordination est une infraction punissable. La scène dans laquelle il étrangle un de ses amiraux qui entretient des doutes au sujet de la Force constitue un excellent exemple de son caractère autoritaire. Ce comportement n’est pas efficace au sein de l’Empire, et cela est en partie dû au fait qu’il ne permet pas aux gens d’exprimer leurs idées ou inquiétudes ouvertement ni aux personnes qualifiées de faire leurs recommandations aisément. En conséquence, l’Empire se prive d’une grande partie de son potentiel en privilégiant une culture caractérisée par la crainte de la punition.
Cela dit, dans certaines circonstances, le leadership autocratique peut s’avérer d’une grande efficacité. Lorsqu’on doit diriger un groupe de travailleurs inexpérimentés et mal organisés, l’utilisation de cette forme d’autorité peut permettre d’établir une structure. Puisque les autocrates sont portés à contrôler la majorité des actions des employés, leur type d’autorité est particulièrement efficace auprès de ceux qui ne savent pas prendre leurs propres décisions et peinent à accomplir leur travail sans que des mesures incitatives comme les récompenses et les châtiments soient appliqués.

Le leadership démocratique (Yoda)

Un dirigeant démocratique est une personne qui partage le pouvoir et les compétences décisionnels avec son groupe. Ce type de dirigeant essaie de s’assurer que les décisions qu’il prend sont représentatives de la majorité du groupe et bénéfiques pour celui ci. Le leadership démocratique se caractérise par la délégation des responsabilités et la consolidation de l’équipe. Grand Maître de l’Ordre Jedi et membre du Haut Conseil, Yoda agit à titre de dirigeant d’une organisation au sein de laquelle l’idée du partage des responsabilités entre les membres est valorisée. Comme les autres dirigeants du Conseil, Yoda consulte ses collègues et fait valoir son point de vue, comme il l’a fait lorsqu’il a déclaré qu’il croyait qu’Anakin Skywalker ne devrait pas suivre la formation Jedi.
Le style de leadership inclusif de Yoda convient merveilleusement aux groupes composés de membres compétents et expérimentés qui sont en mesure d’assumer la responsabilité directe de certaines tâches liées au travail et les répercussions de leurs décisions. Bien que le principe de consolidation de l’équipe soit avantageux et permette de former une main d’œuvre solide et motivée, la délégation de pouvoir n’est pas toujours bénéfique. Lorsque les travailleurs n’ont aucune connaissance du sujet, il vaut peut-être mieux pour un dirigeant d’utiliser une approche plus traditionnelle pour prendre des décisions au lieu de partager cette responsabilité avec des personnes inexpérimentées.

Le leadership paternaliste (Obi-Wan Kenobi)

Un dirigeant paternaliste est une personne qui se préoccupe et se sent responsable de ses employés. Il développe des liens solides avec ceux ci, ce qui lui permet de s’assurer de leur loyauté et souvent de leur fidélité envers l’entreprise. Obi-Wan Kenobi fait preuve de paternalisme dans le cadre de ses interactions avec ses apprentis (padawans), comme Luke Skywalker, qu’il traite comme un membre de sa famille. Le dirigeant paternaliste essaie de prendre soin de ses employés et d’instaurer un esprit familial qui s’étend au delà de sa relation personnelle avec les employés afin que tous les membres de son organisation puissent se soutenir et se faire confiance mutuellement. Utilisé comme il se doit, le leadership paternaliste est susceptible de favoriser grandement le rendement des employés et leur satisfaction au travail.
Toutefois, comme c’est le cas pour la Force, le leadership paternaliste peut avoir un côté sombre. En raison des liens personnels qui unissent le dirigeant et ses employés, celui ci peut être enclin au favoritisme et laisser ses sentiments personnels altérer sa capacité de jugement. Obi­Wan a par ailleurs vécu pareille situation lorsqu’il a refusé de tenir compte des volontés du Conseil Jedi et décidé de prendre Anakin Skywalker sous son aile, malgré le risque que cela constituait pour tous. Lorsqu’on utilise le style de leadership paternaliste, il est impératif d’essayer de garder une bonne capacité de jugement quand on doit prendre des décisions concernant ses employés favoris.

Le laissez-faire (Han Solo)

En tant que capitaine de son équipage composé d’une seule personne, qui consiste en son fidèle ami Chewbacca, Han Solo est l’exemple parfait d’un dirigeant adepte du laissez faire qui connaît du succès. Comme son appellation le suggère, un dirigeant adepte du laissez faire ne passe pas beaucoup de temps à assumer sa tâche de chef activement. Pendant qu’il pilote le Faucon Millenium, Han Solo laisse Chewie exécuter les tâches requises et espère que tout ira bien. Dans ces circonstances, le leadership « laissez faire » peut s’avérer vraiment efficace, car Han permet au membre de son équipage, un Wookie très compétent, de prendre les décisions qu’il est en mesure de prendre, et pour lesquelles il peut assumer la responsabilité. Par contre, ce type de leadership s’avère moins efficace dans les organisations composées de travailleurs moins expérimentés et moins qualifiés. Pour les employés qui sont peu ou moyennement expérimentés, l’encadrement et l’orientation sont des éléments importants qui leur permettent d’améliorer leur rendement au travail. Ajoutons que les dirigeants adeptes du laissez faire n’incitent pas leurs employés à les suivre, ce qui peut entraîner une diminution de leur intérêt pour le travail.

Les styles de leadership

Avec le temps, l’intérêt pour le leadership s’est accru dans le milieu des affaires, et notre compréhension des styles de leadership s’est élargie. Même si les archétypes de leadership présentés plus haut sont toujours utilisés, il semble que l’attention soit maintenant centrée sur les deux nouveaux types établis, le leadership transactionnel et le leadership transformationnel. Bien que les différents styles de leadership permettent de catégoriser facilement les actions des gens qui occupent des postes de pouvoir, le leadership transactionnel et le leadership transformationnel fournissent aux gens des moyens d’améliorer leur aptitude au leadership.

Le leadership transactionnel et le leadership transformationnel

Le leadership transactionnel, qui est souvent considéré comme la première étape pour devenir un bon dirigeant, consiste en un leadership adapté à la culture existante d’une organisation pour encourager le personnel à maintenir une attitude positive afin d’accroître la productivité et d’assurer l’efficacité de la main d’œuvre. Les dirigeants autoritaires utilisent le châtiment pour éliminer les comportements inhabituels et négatifs ; inversement, le leadership transactionnel est fondé sur le principe de la récompense en fonction des efforts et du rendement de l’employé. Ainsi, au lieu de punir le mauvais rendement, le dirigeant adepte du leadership transactionnel met l’accent sur la gestion par exceptions, un mode de gestion permettant au dirigeant de mettre en place des mesures correctives pour aider les employés à satisfaire aux exigences en matière de rendement. Les dirigeants offrent à la fois des récompenses matérielles et psychologiques, et utilisent le châtiment à l’occasion, dans des cas exceptionnels de comportement inacceptable. L’entraînement que Luke reçoit de Yoda en est un bon exemple. En effet, Yoda peut sembler agaçant et on pourrait penser qu’il punit Luke lorsque celui ci ne réussit pas une épreuve ; toutefois, il lui enseigne, par la pratique continue, comment maîtriser ses nouveaux pouvoirs.
Le leadership transactionnel et le leadership transformationnel sont reconnus pour avoir des effets positifs sur la productivité et l’intérêt de l’employé ; toutefois, c’est dans la façon dont ils l’influencent que réside l’énorme différence entre eux. Le leadership transactionnel est fondé sur la gestion de la réponse aux actions et aux besoins de l’employé, tandis que l’adepte du leadership transformationnel souhaite inspirer les autres. Ainsi, ces dirigeants donnent le goût aux employés de les suivre grâce à leur charisme et à leur dévouement exemplaire aux objectifs de l’organisation. Luke Skywalker est un dirigeant bien différent de Yoda et de Dark Vador; en outre, son dévouement à la cause de l’Alliance rebelle et l’intérêt qu’il témoigne envers chaque personne, par exemple Han, la princesse Leia et les droïdes, constituent un bon exemple de leadership transformationnel. Il fait même preuve de charisme (mais pas de la façon dont on l’entend habituellement) afin de convaincre Han Solo de se joindre à sa cause. C’est grâce à ces aspects transformationnels que Luke est en mesure de diriger, en quelque sorte, même s’il n’a pas vraiment d’autorité au début de son aventure.
Le prochain épisode de la série Star Wars qui doit prendre l’affiche à la fin de l’année nous fera sans doute connaître d’autres types de dirigeants, et peut-être des types de leadership plus efficaces que ceux illustrés par les personnages que nous aimons déjà. Peu importe la façon dont l’autorité est gérée dans la lointaine galaxie, nous espérons que les terriens sont en mesure d’utiliser le bon type de leadership selon la situation, et qu’ils se tournent vers des pratiques plus transactionnelles et transformationnelles lorsqu’ils assument un rôle de gestion.
 


References
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Styles Of Leadership. Essortment. Retrieved July 12, 2015.