26 avril 2022
Par : Nicolas Roy | Andréanne Thibault

Être bienveillant… plus qu’une expression à la mode 

On va se dire les vraies affaires : la bienveillance n’a pas toujours été une priorité dans le cadre du travail. La performance, la productivité, le succès, les profits ont toujours occupé une place plus importante. Or, tout comme pour le bien-être au travail, la bienveillance prend de plus en plus de place. Une place qui a une incidence importante sur tous. La raison est fort simple. Plusieurs études ont démontré l’effet positif de la bienveillance au travail sur la performance, la productivité, le succès et les profits. Qui ne rêve pas d’un environnement de travail plus positif, plus joyeux et plus agréable?  

La bienveillance se définit comme le sentiment qui pousse une personne à vouloir le bien des autres. Elle implique de la générosité, de l’engagement ou du volontariat de la part d’une personne. Elle constitue également un élément important dans le maintien et le développement des relations humaines, notamment par la confiance et la collaboration qu’elle procure.  

Il est évident qu’être bienveillant a un effet direct sur les personnes qui en bénéficient. Par ailleurs, la bienveillance a également de nombreux effets positifs sur la personne « bienveillante » elle-même. D’ailleurs, la chercheuse Elizabeth Midlarsky en dénombre six1 : 

  1. Meilleure perception de qui elle est;  
  1. Meilleure compréhension du sens de sa vie;  
  1. Confirmation et validation de sa compétence et sa valeur professionnelle;  
  1. Distraction de ses enjeux, problèmes et autres facteurs de stress;  
  1. Sentiment de réconfort et de mission accomplie;  
  1. Socialement plus connectée avec les autres.  

Ces éléments sont à la base du bonheur au travail, car ils permettent d’améliorer le bien-être d’une personne, de réduire son stress, d’améliorer son humeur et de se créer un réseau. Et si vous vous posez la question, NON, il ne revient pas seulement au patron d’être bienveillant ni seulement à votre collègue toujours souriante et joviale. C’est le rôle de TOUS! 

Vous souhaitez être bienveillant au travail?  
Voici cinq (5) principes qui vous permettront d’y parvenir et ce, peu importe votre rôle au sein d’une organisation. 

1- Faites preuve d’écoute active et assurez-vous de bien comprendre

Toutes personnes aiment se sentir écoutées et comprises lorsqu’elles interagissent avec autrui. L’écoute active est une compétence de communication importante. Il s’agit d’aller au-delà de l’écoute et d’être réellement attentif à ce que dit une personne. Lorsque l’autre personne parle, efforcez-vous de comprendre ce qu’elle tente de communiquer, concentrez-vous sur le sens de ses paroles plutôt que sur vos propres pensées et ne posez des questions que si des éléments ne sont pas clairs ou si vous souhaitez réellement obtenir plus d’informations. Assurez-vous de mettre l’autre personne à l’aise dès le début de la conversation, mettez les potentielles sources de distractions de côté (et oui, votre cellulaire, organe de prolongement de votre cerveau, entre dans cette catégorie…), gardez vos jugements hâtifs pour vous et surtout, rappelez-vous que ce moment n’est pas le vôtre, mais bien celui de la personne qui interagit avec vous! 

2- Soyez courtois et gentil

Cette composante, bien que facilement comprise en format théorique, est malheureusement peu exploitée. Pourtant, peu importe votre rôle dans une organisation, faire preuve de gentillesse est essentiel pour assurer un environnement de travail sain. Cela est encore plus vrai pour les gens en position de leadership. Le travail est souvent une source de stress importante qui, à son tour, a des répercussions néfastes sur la santé des travailleurs. D’ailleurs, plusieurs études démontrent que le stress entraîne des conséquences négatives importantes sur le niveau d’anxiété, les douleurs dorsales, la dépression, les maux de têtes, les maladies cardio-vasculaires, l’insomnie et l’immunité globale.  

En contrepartie, la gentillesse permet de diminuer l’incidence du stress, d’augmenter le niveau d’engagement, de stimuler la productivité et d’accroître le bonheur au travail. N’est-ce pas là un médicament formidablement accessible, abordable et efficace? 

Comment?  

Assez simple. Prenez le temps de dire merci, de témoigner votre gratitude pour un travail ou un service rendu. Reconnaissez les efforts des autres dans le cadre de leur travail, soulignez-les et célébrez-les. Ne sous-estimez jamais l’impact que cela aura en milieu de travail! 

3- Faites preuve de respect en tout temps

L’humanité et la compétence sont deux variables utilisées par les gens pour déterminer s’ils souhaitent travailler avec une personne ou non. Selon une étude réalisée par Porath et Gerbasi (2015), quelqu’un de respectueux amènera les gens à rapidement l’identifier comme étant humain et compétent2. C’est donc dire que le respect a un impact important sur la perception des autres à notre égard. Dans un contexte professionnel, respecter les autres envoie un signal fort que non seulement vous faites en sorte qu’une autre personne se sente valorisée mais que vous serez en mesure de l’aider et la soutenir dans l’avenir. Être respectueux contribue au sentiment de sécurité et de bien-être psychologique qui est important en matière de bonheur au travail. Le respect est donc un élément important de la bienveillance. Respectez vos engagements, exprimez vos désaccords de façon calme et structurée et adoptez une attitude positive. Traitez les autres comme vous voudriez être traité. Walk the talk! 

4- Faites confiance aux autres

Rappelez-vous : Seul on peut aller vite; ensemble on va plus loin! Faire confiance en milieu de travail caractérise une culture d’honnêteté, de sécurité psychologique et de respect mutuel. Vos collègues sont fiers de leur compétence et de leur travail. Témoigner de la confiance aux autres est aussi un gage fort de bienveillance. La confiance sur le lieu de travail permet aux autres de se sentir en sécurité dans leur emploi. Selon un rapport de MetLife (2019)3, un des premiers facteurs en importance ayant un impact sur le bonheur au travail est la confiance que les collaborateurs possèdent envers le leadership de leur organisation.   

En favorisant une culture de confiance et de bienveillance, les organisations peuvent cultiver une main-d’œuvre plus heureuse et répondre aux besoins individuels de leurs employés à grande échelle. Pour ce faire, les organisations doivent s’engager à intégrer la transparence, l’inclusion et les investissements dans la réussite des employés dans le tissu de leur organisation et s’assurer qu’ils diffusent clairement ces initiatives auprès des employés. Cela veut aussi dire qu’il faut faire place à la macro-gestion et délaisser la micro-gestion afin de manifester l’engagement de confiance de l’organisation envers ses collaborateurs.

5- Acceptez l’erreur comme source d’apprentissage et de développement

L’erreur est généralement associée à l’incompétence et à l’incapacité d’atteindre les objectifs.  Dans certains environnements, la peur de l’erreur peut paralyser complètement la croissance d’une organisation et même lui enlever sa capacité d’innovation.   

Une culture de gestion des erreurs saine implique d’accepter qu’un collaborateur, collègue et même supérieur puisse commettre une erreur dans le cadre de ses fonctions pour apprendre de celle-ci – et non être réprimandé de façon démesurée sans comprendre ce qui aurait pu être fait différemment ou mieux Un tel contexte permet aux gens de vouloir se dépasser, innover et s’améliorer. Leur sentiment de sécurité sera comblé. La peur de prendre des risques calculés, des actions et des décisions s’estompera. La productivité et le bonheur au travail augmenteront.   

L’erreur doit faire partie d’un processus d’amélioration continue. Elle doit être acceptée et assumée. Mais surtout, elle doit être utilisée afin de maximiser les apprentissages et de développer les compétences. Ne jugez pas trop rapidement celui ou celle qui commet une erreur. Soyez présent pour cette personne. Aidez-la à comprendre, à parler, à ventiler, etc. Soyez-là pour elle! C’est aussi ça être bienveillant envers les autres. 

Ne sous-estimez jamais le désir d’apprendre d’une personne. D’ailleurs, pour paraphraser Google : « le succès se mesure au nombre d’échecs », c’est-à-dire que l’innovation et le progrès passent par des revers pour mieux rebondir. Les bénéfices sont nombreux :  

  • sentiment d’autonomie beaucoup plus grand; 
  • innovation plus stimulée; 
  • prise de décision facilitée; 
  • sécurité psychologique plus élevée, le stress de beaucoup diminuée; 
  • bonheur et bien-être au travail plus fort.    

Bref, on serait fous de s’en passer, non? 

Nicolas Roy
 
Nicolas Roy, CRHA, ADM.A., M.SC.

Chef de la direction (CEO) chez EPSI

Andréanne Thibault
 
Andréanne Thibault

Consultante principale- Gestion des talents (CRIA)

Références

1 Midlarsky, E. (2014)Prosocial Behavior in Late Life in Oxford Handbook of Prosocial Behavior. Oxford University Press, 415-423. 

2 Porath, C., Spreitzer, G., Gibson, C., & Garnett, F. G. (2011). Thriving at work: Toward its measurement, construct validation, and theoretical refinement. Journal of Organizational Behavior, 33(2), 250-275.  

3 Metlife (2019)2019 Sustainability ReportSource: https://www.metlife.com/content/dam/metlifecom/us/sustainability/pdf/report/2019/2019-sustainability-report.pdf